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MON JOURNAL DE FEMME DE CHAMBRE
Madame a "flashé" sur cet imperméable en cuir. Pour ce l'offrir ma Maîtresse m'a louée à un ami hôtelier et me voilà pendant trois semaines (vacances de Février) a servir de bonne à tout faire pour que Madame puisse s'offrir cet imperméable. J'ai hâte de le voir porté par Madame.
Voilà c’est fait. Cela devait bien arriver un jour.
J’ai franchi le pas, je suis une esclave domestique. Une annonce faite par Madame, une annonce qui ne dit pas son nom, mais c’est tout comme. C’était Mardi dernier à 15h00. Madame m’avait convoqué. Et me voilà en livrée noire impeccable, col Claudette, poignets blancs, tablier sans faux pli et une coiffe coordonnée retenant mes cheveux en chignons. Comme à chaque fois que Madame me convoque, j’ai un nœud qui se forme à l’estomac.
En silence je me suis exécutée. Une courte révérence. Madame terminait d’écrire. Elle prenait son temps. Ma Maîtresse portait son lourd pull en laine et un jean’s taché. Sa tenue décontractée de peintre. Enfin elle leva son regard sur moi. Me détailla puis me fit un signe d’avancer jusqu’au milieu de la pièce.
Je suis resté droite, les mains croisées sur le tablier blanc. Ma Maîtresse aime à rester silencieuse entre chaque phrase. Elle pèse les mots comme pour trouver celui qui correspond à sa pensée.
Je suis resté silencieuse.
Madame me regarda avec insistance..
Pour la première fois depuis que je suis au service de Madame je me sens véritablement esclave. Madame m’a loué comme on prête un objet. Pour les besoins vestimentaires de Ma Maîtresse, je vais travailler pour autrui.
-O-
Une fois dans la chambre, me voilà pleurant à chaudes larmes. J’étais devenue une marchandise, un objet que l’on pouvait prêter. Une chose corvéable pour laquelle on a autant de considération, que pour une paire de chaussures trouées. Oui je pleure parce que j’ai reçu cette gifle en plein visage avec la violence méprisante d’une propriétaire qui serait fatiguée de son animal domestique. Il y a maintenant dans mes rapports avec Madame quelque chose de cassé. Ce lien qui nous unissait encore, lorsque j’ai accepté lors de notre première rencontre d’entrer à son service. Un choix volontaire, un glissement progressif et conscient vers la servitude, guidée en cela par Madame.
Doucement, mais sûrement je me sentais déposséder de ma personnalité pour devenir, modelée par ma Maîtresse un objet domestique. Je viens donc de franchir un nouveau palier de mon éducation servile. Je laisse au placard ma dignité de femme libre pour endosser le mental d’une esclave.
On dit que certaines esclaves sont plus heureux que les êtres libres….